Hommage à Aimé Giral

Pour les supporters de l’USAP, Aimé Giral c’est d’abord le nom de “leur” stade, celui où évolue leur club favori. Mais posez la question à la plupart d’entre eux, que savent-ils de plus sur le personnage ? Peut-être un ancien dirigeant du club ? Un joueur des années 30 ou 60 ? Les moins jeunes – ou les plus érudits – répondront qu’Aimé Giral était selon Wikipédia «demi d’ouverture de l’AS Perpignan et héros de la finale du championnat de France 1914 en passant la transformation de la gagne à la fin du match et mort pendant la guerre de 14-18». Et cela s’arrêtera là… Fort heureusement, grâce à Hélène Legrais qui vient de lui consacrer un roman historique, ce grand sportif est remis en lumière. Dans Les héros perdus de Gabrielle (éd. Calman-Lévy), l’écrivain évoque avec sensibilité les débuts du rugby à Perpignan avec, en toile de fond, l’hécatombe de la Grande Guerre. Le 3 mai 1914 en effet, l’ASP (ancêtre de l’USAP) remporte le titre de champion de France pour la première fois de son histoire. Le 2 août survient la mobilisation, les joueurs partent sous les drapeaux. Sept d’entre eux mourront dans les tranchées. Parmi eux, Aimé Giral, le héros de la finale contre Tarbes, tué par un éclat d’obus dix jours avant ses vingt ans.Hélène Legrais a retracé le tragique destin du “petit prince du rugby” adulé du public et en particulier de la gent féminine. À travers ce sportif emblématique, elle s’est attachée à restituer l’ambiance d’une période marquée par la prospérité de Perpignan mais qui vira bientôt au cauchemar. Après l’exaltation des premiers jours de combats sur le front, ce fut pour les populations de l’arrière le temps de l’anxiété et des deuils. Celui aussi du courage des femmes devenues chefs de famille. Dans l’épreuve, elles vont prendre les rênes des exploitations agricoles, des entreprises, des magasins, apprendre à conduire voitures ou ambulances, s’improviser aides-soignantes dans les hôpitaux. Selon son habitude, Hélène Legrais s’est livrée à un long travail préalable d’enquêtrice, puisant dans les archives des journaux, les correspondances et les témoignages personnels les bases de son récit. D’où ce ton d’authenticité servi par un talent de conteuse que le lecteur, fan de rugby ou non, ne manquera pas d’apprécier.

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